Origine des Arts Martiaux Vietnamiens

L’histoire des Arts Martiaux Vietnamiens est celle d’un peuple qui a dû lutter constamment contre les envahisseurs venant du nord pour garder son indépendance depuis le premier royaume Viêt.

Histoire

Le nom VIET est la prononciation sino-vietnamienne d’un caractère qui a le sens de : l’au-delà, lointain. Il a également le sens de « traverser », « dépasser », « franchir », « se redresser ». Le mot Viet indique donc un état éloigné par rapport à la Chine proprement dite, un état qui avait en outre tendance à s’affranchir, à se redresser et à se répandre. Quand au caractère NAM, il désigne le sud.

En somme, VIETNAM signifie le pays du sud de la Chine peuplé de VIET. Le terme de VIET VO DAO au VIETNAM désigne le nom de l’école VOVINAM VIETVODAO fondée par Maître NGUYEN LOCen 1945 à HA-NOI.

En dehors du VIETNAM, le terme VIET VO DAO désigne l’ensemble des écoles d’arts martiaux d’origine vietnamienne (ancien terme : VO TA ou VO VIET NAM). Les époques marquant le développement des Arts Martiaux Vietnamiens sont sous les grandes dynasties suivantes :

Dynastie des NGO (939-967)

Cette dynastie est marquée par la célèbre victoire de la bataille navale dirigée par le général NGO QUEN à BACH DANG contre la flotte chinoise des TANG.

Dynastie des DINH (968-980)

L’armée vietnamienne sous le commandement de DINH TIEN HOANG (le premier auguste Seigneur DINH) remporte les victoires contre les douze seigneurs et les oblige à se rendre. DINH, enfant, s’imposait déjà aux petits gardiens de buffles en tant que chef ; armé de bambou en guise de bâton, il lança sa troupe à l’attaque des enfants des villages voisins pour les soumettre à son autorité.

Dynastie des LY (1010-1214)

Le général LY THUONG KIET remporte une victoire historique sur l’armée de coalition des Chinois (dynastie des Song) des Champas et des Khmers en 1077.

Dynastie des TRAN (1225-1400)

A cette période, l’armée, devant la menace mongole de GENGIS KHAN, fait l’objet de soins constants. Les princes de sang ont la charge du commandement supérieur. En 1253, l’armée fonde une école militaire (GIANG VO DUONG). Les victoires sur les mongols, puissante armée et vainqueur de l’empire chinois des Song et d’autres empires dans le monde, sont en grande partie dues au génie du prince TRAN HUNG DAO. Ce prince écrit deux ouvrages pour l’instruction de l’armée :
- BINH THU YEN LUOC (résumé essentiel de l’art militaire)
- VAN KIEP TON BI TRUNG THU (livre des secrets de l’art militaire transmis de VAN KIEP).

La plupart des anciens livres, traitant de l’art martial vietnamien, date de cette époque. Le livre le plus précieux est celui du général TRAN QUANG KHAI ( 1241-1294) intitulé LINH NAM VO KINH (livre sur l’art martial vietnamien). En 1300 avant de mourir dans sa retraite à VAN KIEP, le prince TRAN HUNG DAO reçoit la visite de l’empereur TRAN ANH TONG. Celui-ci lui demande : « le prince une fois disparu, que faire si le Nord tente une nouvelle invasion ? ». TRAN HUNG DAO lui répond : « l’ennemi en général se fie au nombre et nous ne disposons que de faibles effectifs. Combattre le long avec le court, tel est l’art militaire. Quand l’ennemi avance à grand fracas comme le feu et le vent, il est facile de le dompter. Mais s’il use de lenteur et de patience comme le ver à soie qui ronge la feuille de mûrier, s’il procède longuement et sans hâte, sans dépouiller la population, sans se soucier d’une victoire rapide, alors, il nous faut choisir de BONS GENERAUX et adapter la tactique à la conjoncture comme au jeu d’échecs ».

Dynastie des LE (1428-1789)

L’armée est réorganisée. Le roi LE THANH TONG rédige lui-même en 1465 un manuel d’instruction militaire en vue de l’entraînement systématique et régulier des soldats. Tous les trois ans, un examen en vérifie les résultats chez les soldats, ceux qui n’atteignent pas la moyenne sont sanctionnés.

Règne des TAY SON (BINH DINH)

Les grandes victoires de l’empereur QUANG TRUNG, d’origine paysanne, sur les armées siamoises (Thailandaises) en 1785 et Chinoises des Quing en 1788 marquent l’apogée des Arts Martiaux Vietnamiens jusqu’au sein de la population rurale.

Le Viet Vo Dao en France

L’appellation relativement récente « VIET VO DAO » est apparue en 1973, avec la première tentative d’unification administrative et juridique des arts martiaux vietnamiens en France. Le 03 novembre 1973 la Fédération Française de Viet Vo Dao est fondée avec, pour préambule à ses statuts le texte suivant :

« A partir de son pays d'origine, le VIETNAM, le VIETVODAO s'est établi dans différents pays. Dans chaque pays est fondée, conformément à la loi, une institution compétente le régissant.
En France, après plusieurs années de préparation et avec l'autorisation du Patriarche du VlET VO DAO MONDIAL, les maîtres :

- Maître NGUYEN DAN PHU
- Maître BUI VAN THINH
- Maître NGUYEN TRUNG HOA
- Maître PHAN HOANG
- Maître TASTEYRE TRAN PHUOC
- Maître PHAM XUAN TONG
- Maître TRAN MINH LONG

ont décidé, en 1973, de fonder officiellement le VIETVODAO dans notre pays. Ils se sont engagés, par un serment solennel, à se vouer au VIETVODAO et à se considérer comme de véritables frères, dans la noble mission de transmettre leur connaissance aux pratiquants. Désormais le terme "VIETVODAO" est officiellement utilisé pour désigner l'Art enseigné par ces Maîtres ou par des Maîtres, Professeurs, Instructeurs ayant reçu leur autorisation. »

L’article 1 du Titre I de ces mêmes statuts précise :« Le VIETVODAO est défini comme l’ensemble des arts martiaux vietnamiens et méthodes de culture du corps d’origine vietnamienne pratiqués dans un dessein éducatif aussi bien physique que moral ».